Windows en 2026 : versions, éditions et configuration requise

Sur dix PC livrés dans le monde en 2026, sept tournent encore sous Windows. Le système d’exploitation de Microsoft conserve sa domination écrasante sur le desktop, avec une part de marché mondiale stabilisée autour de 68 %. Pourtant le paysage interne s’est complètement reconfiguré depuis dix-huit mois.

Le décor a changé en octobre 2025, quand Microsoft a coupé le support gratuit de Windows 10. La famille Windows se résume désormais à Windows 11 dans ses versions 24H2 et 25H2, à la préversion 26H1, et à un parc Windows 10 sous perfusion ESU jusqu’en 2028. Pour le contexte plus large, voir le panorama des systèmes d’exploitation actuels.

Choisir entre Famille et Pro, vérifier la compatibilité TPM 2.0, comprendre les fenêtres de support de chaque build : ces questions concrètes pèsent plus, en 2026, que les fantasmes récurrents sur un hypothétique Windows 12.

TL;DR

Windows reste l’OS desktop dominant en 2026 avec environ 68 % du marché. La seule version officiellement supportée pour le grand public est Windows 11, déclinée en 25H2 (la plus récente) et 24H2 (fin de support au 13 octobre 2026). Quatre éditions principales coexistent : Famille (145 €), Pro (259 €), Pro Workstation et Entreprise. Toutes exigent un PC récent avec TPM 2.0, Secure Boot et un processeur Intel 8ᵉ génération minimum ou AMD Zen 2.

Windows en 2026, c’est quoi exactement

Le terme « Windows » recouvre aujourd’hui plusieurs réalités très différentes selon la version, l’édition et l’âge du parc utilisateur. Avant de parler configuration ou édition, il faut poser la photographie actuelle du système.

La famille Windows active aujourd’hui

Windows 11 25H2 est la version la plus récente, déployée fin septembre 2025. Elle partage la même base de code que Windows 11 24H2 et reçoit les mêmes mises à jour mensuelles, avec des builds en 26200.x et 26100.x. Microsoft qualifie d’ailleurs la 25H2 de simple « package d’activation », sans changement profond.

Windows 11 24H2 perd son support grand public le 13 octobre 2026, soit deux ans après son lancement. Les éditions Entreprise et Éducation bénéficient d’un sursis d’un an supplémentaire. La préversion 26H1 tourne déjà en build 28000.x sur le canal Insider. Windows 10 22H2 survit via le programme ESU payant, principalement utilisé en entreprise pour finir de migrer.

Le poids réel dans l’écosystème desktop

Windows pèse autour de 68 % du marché desktop mondial en 2026, contre 15 % pour macOS et 3 % pour Linux. À l’intérieur du périmètre Windows, la répartition reste paradoxale : Windows 10 conserve environ 55 % des utilisateurs Windows, malgré la fin de son support gratuit, tandis que Windows 11 plafonne autour de 35 %. Les versions antérieures à Windows 10 ne représentent plus que 5 % cumulés.

Cette inertie s’explique par les exigences matérielles de Windows 11, notamment le TPM 2.0, qui rendent inéligibles les PC achetés avant 2018. Pour saisir comment cette domination s’inscrit dans l’écosystème global des OS, il faut replacer Windows à côté de macOS, des distributions Linux et de ChromeOS.

Les éditions de Windows 11 et leurs différences réelles

Microsoft commercialise Windows 11 en quatre éditions principales et une poignée de variantes spécialisées. Le choix se joue rarement sur le prix, plus souvent sur les fonctions de sécurité et de gestion réseau qu’on a besoin d’activer.

Famille, Pro, Entreprise : la frontière utile

Windows 11 Famille vise les particuliers à 145 € la licence, mais impose un compte Microsoft pour l’installation depuis 24H2. Elle inclut le strict nécessaire : Windows Hello, Sécurité Windows, Defender, gestion des sessions. Pas de BitLocker, pas de Hyper-V, pas de Remote Desktop côté serveur, pas de gestion par stratégies de groupe.

Windows 11 Pro coûte 259 € et débloque le chiffrement BitLocker, l’hyperviseur Hyper-V, l’hôte Bureau à distance, la jonction de domaine Active Directory ou Entra ID, l’éditeur de stratégies locales gpedit.msc et la gestion MDM (Microsoft Intune ou solutions tierces). Pour comparer en détail Windows 11 Famille et Pro, le départage se fait sur quatre fonctions concrètes : chiffrement, virtualisation, accès distant et politique réseau.

Comparatif des éditions Windows 11 (prix neuf, fonctionnalités natives, mai 2026)
FonctionnalitéFamilleProPro WorkstationEntreprise
Prix licence145 €259 €399 €Volume / abonnement
Compte Microsoft obligatoireOuiOptionnelOptionnelOptionnel
BitLockerNonOuiOuiOui
Hyper-VNonOuiOuiOui
Bureau à distance (hôte)NonOuiOuiOui
Stratégies de groupeNonOuiOuiOui
Système de fichiers ReFSNonNonOuiOui
RAM max supportée128 Go2 To6 To6 To
Processeurs max1244
Windows AutopatchNonNonNonOui

LTSC, SE et IoT Enterprise : les variantes de niche

Windows 11 Entreprise LTSC (Long Term Servicing Channel) cible les environnements médicaux, industriels et embarqués qui ont besoin d’une stabilité maximale. Aucune mise à jour de fonctionnalité pendant le cycle de vie : seuls les correctifs de sécurité passent. Le système est livré sans Edge, sans Copilot, sans Microsoft Store, sans bloatware. Cette épuration explique pourquoi certaines DSI tournent leurs caisses enregistreuses ou leurs équipements médicaux sur LTSC.

Windows 11 SE était destiné aux établissements scolaires en concurrence avec ChromeOS. Microsoft a annoncé sa fin de support pour octobre 2026, signant un échec commercial assez clair. Windows 11 IoT Enterprise LTSC reste l’édition la plus permissive : sur cette branche, le TPM 2.0 et l’UEFI sont devenus facultatifs depuis 24H2.

Bon à savoir

Pour identifier précisément l’édition installée sur un poste, la commande winver dans la boîte Exécuter (Windows + R) affiche la version, l’édition et le numéro de build. Plus complet, systeminfo en invite de commandes renvoie aussi l’historique des correctifs appliqués. La méthode rapide est documentée dans le guide pour vérifier sa version de Windows.

Ce qu’il faut pour faire tourner Windows 11

La configuration minimale officielle a fait couler beaucoup d’encre depuis 2021. Trois exigences continuent de bloquer la mise à niveau d’environ 40 % des PC encore en service : le TPM 2.0, le démarrage sécurisé et la liste blanche des processeurs.

Le verrou TPM 2.0

Le module de plateforme sécurisée 2.0 reste l’exigence la plus discutée de Windows 11. C’est une puce ou un firmware (Intel PTT côté Intel, AMD fTPM côté AMD) qui stocke les clés de chiffrement matérielles et alimente BitLocker, Windows Hello et la vérification d’intégrité du démarrage. Microsoft l’a qualifié de « norme non négociable » en décembre 2024.

Dans 90 % des cas, le TPM 2.0 existe physiquement sur la carte mère mais reste désactivé dans l’UEFI. Pour activer le TPM 2.0 dans le BIOS, il faut redémarrer en mode UEFI, chercher l’onglet Advanced, Security ou Trusted Computing selon le fabricant, puis basculer Intel PTT ou AMD fTPM sur Enabled. La vérification se fait ensuite via tpm.msc dans Windows.

PowerShell · vérifier le statut TPM
PS> Get-Tpm | Format-List TpmPresent, TpmReady, TpmEnabled, TpmActivated, ManufacturerVersionFull20

Attention

Contourner le TPM 2.0 par modification du registre ou via Rufus reste techniquement possible, mais Microsoft a confirmé fin 2024 qu’aucune mise à jour de sécurité ne serait garantie sur ces installations. En clair : un PC sans TPM 2.0 peut faire tourner Windows 11, jamais le maintenir à jour sur le long terme.

Processeur, RAM, stockage : les vrais seuils

La liste des processeurs supportés démarre à Intel Core 8ᵉ génération (Coffee Lake, 2017) et AMD Ryzen 2000 (Zen+, 2018), avec quelques exceptions sur les Xeon récents. Côté mémoire, le plancher officiel est de 4 Go RAM, mais 8 Go restent le minimum confortable pour un usage bureautique fluide. Le stockage exige 64 Go, là encore très théorique : une installation propre avec quelques applications dépasse rapidement les 80 Go.

L’écran doit afficher au moins 720p sur 9 pouces, et le firmware doit être UEFI compatible Secure Boot. Cette dernière exigence reste une seconde barrière fréquente sur les PC achetés en mode Legacy/MBR : la migration vers UEFI/GPT impose une réinstallation propre ou une conversion mbr2gpt.exe avant d’enclencher la procédure d’installation de Windows 11.

Les Copilot+ PC, une catégorie à part

Les Copilot+ PC forment depuis 2024 une sous-catégorie matérielle qui exige une NPU (Neural Processing Unit) capable de fournir au moins 40 TOPS, 16 Go de RAM et un SSD de 256 Go minimum. Cette configuration débloque des fonctions IA en local : Recall (rappel d’écran), Cocreator dans Paint, sous-titres en direct multilingues, Click to Do. Les puces concernées sont Qualcomm Snapdragon X Elite/Plus, Intel Core Ultra série 2 et AMD Ryzen AI 300.

Mises à jour Windows : comprendre la mécanique

Microsoft a stabilisé son rythme de mises à jour autour de deux cadences. Une cadence mensuelle pour la sécurité, une cadence annuelle pour les fonctionnalités. Connaître les deux évite les surprises au redémarrage.

Le Patch Tuesday et les mises à jour mensuelles

Chaque deuxième mardi du mois, Microsoft pousse une mise à jour cumulative (KB) à toutes les éditions de Windows 11. Celle du 14 avril 2026 (KB5083769) a corrigé 79 vulnérabilités et fait passer les builds à 26200.8246 et 26100.8246. La précédente, KB5079473 du 10 mars 2026, intégrait nativement Sysmon dans Windows pour la journalisation d’événements de sécurité, ajoutait le support des fonds d’écran .webp et corrigeait un bug d’impression sur spoolsv.exe.

Pour déclencher manuellement la mise à jour Windows 11, la commande directe est plus rapide que l’interface : wuauclt /detectnow /updatenow ou son équivalent moderne PowerShell.

PowerShell · forcer la recherche de mises à jour
PS> UsoClient StartScan
PS> UsoClient StartDownload
PS> UsoClient StartInstall

Les mises à jour de fonctionnalités annuelles

Microsoft livre une version majeure par an, généralement à l’automne. Les numéros suivent la logique année + semestre : 24H2 pour le second semestre 2024, 25H2 pour le second semestre 2025. Chaque version reçoit deux ans de support grand public (Famille et Pro), trois ans pour les éditions Entreprise et Éducation. Le passage de Windows 10 à Windows 11 reste gratuit pour toute licence Windows 10 active, à condition que le matériel coche les critères.

Astuce

Pour repousser une mise à jour de fonctionnalité sans la bloquer définitivement, la console gpedit.msc (Pro et au-delà) propose le réglage « Sélectionner la version cible des mises à jour de fonctionnalités ». Fixer la valeur sur « 25H2 » empêche le saut anticipé vers 26H1 pendant la période d’évaluation Insider.

Approfondir chaque sujet Windows

Le périmètre Windows couvre trop de cas pratiques pour tenir sur une seule page. Les guides détaillés du hub explorent les questions opérationnelles que rencontre tout utilisateur, du choix initial à la maintenance courante.

Pour l’achat d’une licence, la décision se joue rarement sur le prix : le comparatif entre Windows 11 Famille et Pro détaille les six fonctions qui justifient (ou non) les 114 € d’écart. Pour la mise en route, le tutoriel pour installer Windows 11 proprement couvre la création de la clé USB Rufus, le contournement éventuel du compte Microsoft et le partitionnement GPT. Avant d’installer, il faut souvent activer le TPM 2.0 dans l’UEFI et vérifier la version Windows actuellement installée.

Côté maintenance, le guide pour gérer les mises à jour Windows 11 détaille les commandes wusa, DISM et sfc /scannow en cas de mise à jour bloquée. Pour situer Windows par rapport à ses concurrents directs, voir aussi macOS et son écosystème Apple, le panorama des distributions Linux pour le desktop ou la spécificité de ChromeOS sur les Chromebooks.

Questions fréquentes