Windows 11 en 2026 : tout comprendre en 10 minutes

En février 2026, Windows 11 a franchi les 72,57 % de parts de marché sur l’ensemble des PC Windows, avec un milliard d’utilisateurs revendiqués par Microsoft. La bascule s’est faite en deux mois après la fin de support de Windows 10, soit un saut de 22 points en soixante jours. Brutal, et largement subi.

Cette dynamique cache une réalité plus nuancée. Windows 11 reste un système exigeant en matériel et en discipline d’usage, qui change sensiblement les habitudes héritées de Windows 10. La page consacrée aux systèmes d’exploitation couvre l’ensemble des OS modernes ; ici, le focus porte spécifiquement sur Windows 11, ses prérequis, ses méthodes d’installation et ses zones d’ombre.

Trois questions reviennent en boucle chez les utilisateurs en 2026 : ma machine peut-elle l’installer, comment migrer sans tout casser, et que faire des bugs qui s’accumulent depuis quelques mois. Les réponses précises figurent plus bas, version par version, build par build.

TL;DR

Windows 11 domine désormais 72 % du parc Windows mondial. La version active en 2026 s’appelle 25H2, simple paquet d’activation au-dessus de la 24H2. L’installation reste filtrée par TPM 2.0 et Secure Boot, mais elle peut se forcer sur les machines non compatibles, au prix d’une perte de support officiel.

Où en est Windows 11 en 2026

Le rapport de force entre Windows 10 et Windows 11 a basculé en quelques semaines, fin 2025 début 2026. Microsoft a coupé le support gratuit de Windows 10 le 14 octobre 2025, et la vague de migration a suivi sans surprise. Reste à comprendre précisément ce qu’on installe aujourd’hui, et comment la version actuelle se distingue de la précédente.

Le rapport de force Windows 10 vs Windows 11

Selon StatCounter, en décembre 2025, Windows 11 plafonnait encore à 50,73 % du parc Windows mondial. Janvier 2026 a vu un bond à 62,41 %, puis février a poussé jusqu’à 72,57 % côté global, avec 69,9 % en France. Dans le même temps, Windows 10 est tombé à 26,45 %, et Windows 7 sous la barre du 1 %. Le mouvement s’explique avant tout par l’arrêt du support gratuit de Windows 10 le 14 octobre 2025. Les particuliers peuvent encore recevoir des mises à jour de sécurité jusqu’au 13 octobre 2026 via le programme ESU, à condition de s’y inscrire avec un compte Microsoft. Pour les entreprises, le mécanisme se prolonge plus longtemps, mais devient rapidement coûteux. Le signal envoyé par Microsoft reste explicite : Windows 10 entre dans sa dernière phase, pas dans une retraite tranquille.

24H2 ou 25H2, quelle version active aujourd’hui

La version actuelle de Windows 11 s’appelle 25H2, déployée à partir du 14 octobre 2025. Particularité technique : il ne s’agit pas d’une vraie nouvelle version, mais d’un paquet d’activation déposé au-dessus de la version Windows 11 24H2. Les fichiers étaient déjà présents sur les machines à jour, dormants, et activés par un simple commutateur. Les deux versions partagent désormais la même base de code et reçoivent les mêmes correctifs mensuels. Les builds récentes sont identifiables par leur numéro : 26100.x pour 24H2, 26200.x pour 25H2. En mai 2026, la préversion KB5083631 a introduit le mode Xbox sur tous les PC et de nouveaux formats d’archive dans l’Explorateur de fichiers. Pour connaître la version exacte installée, la commande winver donne la réponse en deux secondes.

PowerShell ou Exécuter (Win + R)
PS> winver

Bon à savoir

Si la commande winver affiche un numéro de build qui commence par 26100, vous êtes sur 24H2. S’il commence par 26200, c’est 25H2. La bascule de l’une à l’autre se fait via Windows Update, sans réinstallation complète, en quelques minutes.

La configuration requise et ses contournements

Microsoft a serré la vis avec Windows 11. Là où Windows 10 acceptait à peu près n’importe quel PC moderne, son successeur filtre durement, avec une logique sécurité d’abord et compatibilité matérielle ensuite. Trois prérequis bloquent la majorité des machines anciennes : le processeur compatible, le TPM 2.0, et le démarrage sécurisé.

Ce que Microsoft exige officiellement

La configuration minimale officielle tient en quelques lignes : un processeur 64 bits cadencé à 1 GHz minimum avec deux cœurs ou plus, 4 Go de RAM, 64 Go de stockage, un firmware UEFI compatible Secure Boot, une puce TPM 2.0, et une carte graphique compatible DirectX 12 avec pilote WDDM 2.0. La liste des processeurs validés reste verrouillée : côté Intel, à partir de la 8e génération (Coffee Lake, fin 2017) ; côté AMD, à partir des Ryzen 2000 et de quelques Ryzen 1000 ; côté Qualcomm, à partir de la série 8c. Pour la 25H2, le besoin en espace disque grimpe légèrement : Microsoft recommande de prévoir une marge confortable au-delà des 64 Go officiels, et le détail de la taille réelle de Windows 11 25H2 tourne plutôt autour de 80 à 100 Go libres pour une expérience fluide. La RAM minimale de 4 Go reste théorique : en pratique, 8 Go représente le vrai plancher pour un usage quotidien sans frustration.

Configuration Windows 11 : minimale vs confortable
Ce que Microsoft exige vs ce qui marche vraiment
Composant Minimum officiel Recommandé en pratique
Processeur 1 GHz · 2 cœurs · liste validée Intel 10e gen+ ou Ryzen 3000+
RAM 4 Go 8 Go (16 Go pour création)
Stockage 64 Go HDD SSD NVMe 256 Go
TPM TPM 2.0 activé Identique
Firmware UEFI + Secure Boot Identique
Graphique DirectX 12 · WDDM 2.0 DirectX 12 Ultimate pour jeu

TPM 2.0 et Secure Boot, les deux vrais barrages

Le processeur reste le filtre le plus visible, mais TPM 2.0 et Secure Boot bloquent souvent davantage en pratique. Le module TPM est un cryptoprocesseur qui stocke les clés de chiffrement et d’authentification de manière isolée du système. Sur les PC vendus depuis 2016, il est généralement intégré au processeur sous l’appellation Intel PTT ou AMD fTPM, mais désactivé par défaut dans le BIOS. Première action utile : redémarrer le PC, entrer dans le BIOS via F2, F10 ou Suppr selon la marque, puis activer la fonction TPM dans la section sécurité.

Le Secure Boot, lui, refuse de démarrer un système d’exploitation non signé numériquement. Il exige un firmware UEFI (pas le vieux BIOS Legacy) et un disque en table de partition GPT (pas MBR). Sur une machine de 2018-2020 fonctionnant encore en BIOS Legacy, une conversion via la commande mbr2gpt reste nécessaire avant l’installation. Microsoft a également annoncé l’expiration des certificats Secure Boot émis en 2011, prévue à partir de juin 2026, avec un renouvellement automatique en cours via Windows Update sur les machines actives.

Attention

L’activation du TPM dans le BIOS et la conversion MBR vers GPT touchent au démarrage de la machine. Une erreur de manipulation peut empêcher le PC de booter. Sauvegarder l’intégralité des données utilisateur avant toute opération reste non négociable, et l’image disque complète (via Macrium Reflect ou un outil équivalent) couvre les pires scénarios.

Quand la machine n’est pas compatible

Trois options se présentent. La première, rester sous Windows 10 avec le programme ESU, gratuit pour les particuliers qui utilisent un compte Microsoft synchronisé, et opérationnel jusqu’au 13 octobre 2026. La seconde, basculer sur une distribution Linux légère comme Linux Mint, Zorin OS ou Ubuntu, qui prolonge la durée de vie utile du PC de plusieurs années sans frais ni vérification de matériel. La troisième, forcer l’installation de Windows 11 malgré le matériel non compatible, via des outils comme Rufus ou Flyoobe. C’est techniquement faisable, documenté dans un guide dédié au fait de forcer Windows 11 sur un PC non éligible, mais Microsoft retire alors toute garantie de support et de mises à jour. La machine peut, à terme, ne plus recevoir certains correctifs de sécurité. Pour qui dépend du PC au quotidien, la voie Linux ou ESU reste plus prudente que le contournement.

Astuce de pro

Avant toute manipulation, lancez l’application gratuite PC Health Check de Microsoft. Elle pointe en clair les composants bloquants : processeur non listé, TPM absent, Secure Boot désactivé. Trois minutes de diagnostic qui évitent une demi-journée de tâtonnement dans le BIOS.

Installer Windows 11 : les méthodes qui marchent

Trois méthodes principales coexistent pour installer Windows 11, selon que la machine est éligible, que l’utilisateur part de Windows 10, ou qu’il prépare une installation propre depuis zéro. Aucune n’est intrinsèquement meilleure, mais chacune a ses cas d’usage précis et ses pièges.

Avec une clé USB (méthode standard)

La voie la plus fiable consiste à fabriquer une clé USB bootable et à démarrer la machine dessus. L’outil officiel s’appelle Media Creation Tool, téléchargeable gratuitement chez Microsoft : il récupère la dernière build, prépare la clé en quelques clics, et reste à jour automatiquement. Le détail complet figure dans le guide dédié au MediaCreationTool Windows 11. Alternative robuste pour les cas particuliers : Rufus, qui ajoute des options pour contourner les vérifications TPM, Secure Boot et compte Microsoft obligatoire. La clé doit faire 8 Go minimum, idéalement 16 Go pour les ISO multi-éditions. Le processus complet d’installation de Windows 11 via clé USB prend entre 30 minutes et 1h30 selon la vitesse du disque et la quantité de pilotes à télécharger. Sur un SSD NVMe récent, comptez 25 à 40 minutes tout compris.

Avec une ISO téléchargée

Quand la clé USB n’est pas une option, ou pour archiver la version exacte d’un OS, l’ISO de Windows 11 reste téléchargeable directement chez Microsoft sans détour. Le fichier pèse environ 6,5 Go pour la version 25H2, à conserver précieusement avec son numéro de build. La procédure détaillée de téléchargement de l’ISO Windows 11 distingue trois variantes officielles : Famille, Professionnel et Entreprise, mais la page Microsoft propose en réalité une ISO multi-éditions identique, la sélection se faisant à l’installation. L’ISO sert aussi à installer Windows 11 dans une machine virtuelle (VMware, VirtualBox, Hyper-V), à fabriquer une clé d’installation chiffrée, ou à monter le fichier directement sous Windows 10 pour lancer une mise à niveau sans clé USB. Le double-clic sur l’ISO le monte comme un lecteur virtuel, prêt à l’emploi.

À éviter à tout prix

Les sites tiers qui hébergent des ISO Windows 11 « débridées », « activées » ou « optimisées » diffusent fréquemment des images modifiées avec malwares, mineurs de cryptomonnaie ou portes dérobées. Une ISO Windows 11 ne se télécharge que sur microsoft.com ou via Media Creation Tool. Idem pour les clés d’activation à 5 euros sur des marketplaces obscures : la plupart sont des clés OEM volées qui se désactivent au bout de quelques semaines.

Mettre à jour depuis Windows 10

Pour qui part déjà d’un PC sous Windows 10, la voie la plus simple reste Windows Update. Microsoft pousse activement la migration depuis l’automne 2025 : si la machine est éligible, l’option « Télécharger et installer Windows 11 » apparaît dans Paramètres puis Windows Update puis Vérifier les mises à jour. La migration conserve les fichiers personnels, les applications installées et les paramètres système ; il faut tout de même compter sur une marge d’erreur réelle. Une sauvegarde complète avant lancement reste indispensable, par image disque ou copie manuelle des dossiers Documents, Bureau, Images et OneDrive. L’opération dure entre 45 minutes et 2 heures selon le matériel, avec plusieurs redémarrages automatiques.

Vivre avec Windows 11 au quotidien

Au-delà de la mise en route, Windows 11 apporte une série d’évolutions qui changent durablement le rapport à la machine. L’interface a été simplifiée, parfois trop, mais plusieurs outils intégrés restent largement sous-utilisés faute de visibilité dans les menus.

Les fonctionnalités qui changent vraiment l’usage

Plusieurs ajouts justifient à eux seuls le passage à Windows 11. Les bureaux virtuels restent accessibles via Windows + Tab, avec un fond d’écran différent par bureau et un glissement fluide. Snap Layouts propose des dispositions de fenêtres prêtes à l’emploi quand on survole le bouton d’agrandissement : utile sur écran large, indispensable sur ultra-large. Le presse-papier amélioré, activable via Windows + V, conserve l’historique des 25 derniers éléments copiés et synchronise entre appareils sur un même compte Microsoft. Détaillé dans le guide du presse-papier Windows 11, cet outil change durablement les habitudes une fois activé. Microsoft Phone Link ouvre les notifications et SMS Android sur le PC, voire les appels téléphoniques. Copilot, intégré nativement depuis 24H2, sert d’assistant IA contextuel. Sur les Copilot+ PC équipés d’un NPU capable de 40 TOPS minimum, l’expérience se densifie avec Click to Do, Recall et la recherche locale enrichie.

Comparaison avec les autres OS du moment

Le choix de Windows 11 ne se fait jamais en vase clos. Face à macOS sur les Mac récents, Windows 11 reste plus polyvalent côté matériel (la plupart des PC du marché) et largement supérieur pour le jeu vidéo via DirectX 12 Ultimate. Face à Linux, l’écart se joue ailleurs : Windows 11 garde un avantage écrasant en compatibilité logicielle grand public (Photoshop, Adobe Premiere, jeux Steam non compatibles Proton), mais Linux gagne sur la légèreté, la stabilité sur matériel ancien, et l’absence de télémétrie. Pour les usages purement bureautique, navigation web et streaming, les trois sont aujourd’hui interchangeables. Pour la création vidéo lourde, les outils 3D ou le gaming compétitif, Windows 11 reste le passage obligé.

Quand ça coince : les pannes courantes

Windows 11 a connu une série de mises à jour problématiques fin 2025 et début 2026, allant du blocage de pilotes de sauvegarde à des bugs Secure Boot. Le système reste largement stable, mais quelques zones de friction reviennent régulièrement dans les forums.

Mises à jour qui posent problème

Chaque mois, le Patch Tuesday introduit des correctifs et parfois des régressions. Les builds récentes comme la KB5068861 de novembre 2025 ont apporté plusieurs ajustements bienvenus, mais aussi des effets de bord sur certains pilotes audio et imprimantes. La règle reste simple : attendre 7 à 10 jours après le déploiement initial avant d’installer une préversion facultative, et toujours installer les mises à jour de sécurité obligatoires dans la semaine, après vérification rapide de la liste des problèmes connus chez Microsoft. En cas de mise à jour bloquante, la fonction « Revenir à la version précédente » dans Paramètres puis Système puis Récupération offre 10 jours de rétrogradation possible. Au-delà, il faut passer par une réinstallation ou par une image disque sauvegardée préalablement.

Récupérer un système instable

Les outils système intégrés à Windows 11 couvrent l’essentiel des situations de panne. La commande sfc /scannow répare les fichiers système corrompus en une trentaine de minutes. DISM /Online /Cleanup-Image /RestoreHealth reconstruit l’image Windows quand SFC échoue, avec récupération depuis Windows Update. La restauration système ramène la machine à un point antérieur sans toucher aux fichiers utilisateur. L’environnement Windows RE s’ouvre via la touche Maj enfoncée pendant un clic sur Redémarrer : il donne accès à la réparation au démarrage, au mode sans échec et à l’invite de commandes en administrateur. En dernier recours, la fonction Réinitialiser ce PC offre une réinstallation propre, en conservant ou non les fichiers personnels, sans avoir besoin de clé USB externe.

Questions fréquentes